« Quelques semaines après votre victoire, quel est votre ressenti suite à cette expérience ?
Beaucoup de plaisir ! Le concours étant sur plusieurs étapes, cela ne prend pas trop de temps et je suis ravi d’avoir découvert des environnements différents et fait de multiples rencontres. Je retiens beaucoup de moments privilégiés.
Comment s’est passée la préparation au concours ?
Les plaidoiries relevaient d’un format court donc il faut être concis et percutant. Les sujets n’étaient pas simples et la préparation parfois difficile à concilier avec l’emploi du temps académique, mais j’éprouve beaucoup de reconnaissance.
J’ai réalisé énormément de recherches mais au vu de la plaidoirie, j’ai surtout souhaité questionner mes amies femmes, leurs références, leurs femmes inspirantes tout domaine confondu, de la scène culturelle à la vie politique. Au total, j’avais recueilli 75 paroles de femmes et articuler toutes ses voix était vraiment un plaisir et un honneur.
Quels étaient vos points forts identifiés dans le domaine de la rhétorique et quelles ont été les difficultés que vous avez dû surmonter ?
Je dirais l’originalité et la créativité de mes discours : ma capacité à surprendre notamment avec la gestuelle & mes silences. Trouver l’équilibre entre prestation théâtralisée et profondeur du discours, d’autant que certain.e.s avaient déjà la maîtrise de l’aspect thèse et dissertation.
Cela demande beaucoup de travail personnel, d’analyses et recherches pour travailler sur le fond.
Je travaille pas mal avec des retours en prenant réellement en compte les axes d’amélioration souhaités et il y avait des professionnels de la communication pour nous accompagner.
« Gender fatigue : visibiliser les questions de genre nuit-il à leur efficacité ? »
Si l’axe de plaidoirie n’avait pas été tiré au sort, auriez-vous opté pour la position que vous avez dû défendre ?
Personnellement oui donc ça a été un vrai plus même si quand on a l’évidence, on peut vite tomber dans la simplicité. Il faut de toute façon identifier les contre-exemples, nécessitant 2-3 jours de recherche.
Un concours d’éloquence pour une école paysagiste-concepteur, qu’en pensez-vous ?
L’idée est super, c’est très formateur pour les étudiants. L’environnement de travail est très bienveillant, les gens sont bien intentionnés.
C’est bénéfique pour la restitution des livrables à l’école et savoir véhiculer ses idées de manière synthétique.
Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux futur.e.s candidat.e.s au concours ?
D’essayer, de ne surtout pas se décourager si ce n’est pas leur première participation.
Je conseillerais d’être sincère dans sa plaidoirie ; pour marquer le jury, il faut aussi montrer sa réelle personnalité. Si on rentre dans un moule prédisposé pour certains concours, faire ce qu’on sait faire et la finale sera un grand moment test.
D’un point de vue purement pratique, adapter sa plaidoirie selon le public cible et s’entraîner un maximum devant des proches.
Globalement, avoir un discours dont on est fier et dans lequel on se reconnaît, et ce même si la plaidoirie tirée au sort n’aurait pas été celle choisie ni dans notre thème de prédilection.
En quoi votre participation au concours a changé votre vision professionnelle ou personnelle ?
Ma participation a changé mes ambitions.
Gagner ce concours face à 200 ingénieurs, ça me conforte dans ma légitimité, ça me donne envie de bousculer l’avenir et aller plus loin. Je voulais faire prof au lycée, j’aimerais pouvoir donner des conférences même si évidemment pour ça, il faut des sujets (sourires).
Cela m’a permis d’être en lien avec le cercle INSA national, des directeurs au sein de l’entreprise et un milieu auquel je n’étais pas accoutumé.
L’année prochaine, vous ferez parti des membres du Jury. Vous projetez-vous dans ce rôle ?
C’est une consécration pour moi car j’aime beaucoup conseiller mes ami.e.s. Etre de l’autre côté est une approche que j’ai très envie d’expérimenter.
Assister à des concours est très formateur. J’ai tellement hâte ! Et le lieu est dingue, les locaux de Vinci sont très confortables.
« Certes j’ai gagné mais cela relève aussi d’un concours de circonstances, je tire au sort la position de plaidoirie que j’aurais choisie de défendre pour la finale et je passe en 5ème position sur 8. Mes concurrents n’ont pas démérité. »
C’est sur ces quelques mots et en toute humilité que s’est achevée cette interview. Toute la Fondation félicite à nouveau Bastien pour sa performance et le remercie pour le temps accordé à notre échange.