Préserver les structures des ouvrages d’art pour qu’ils soient plus résiliants et durables : rencontre avec Brossour CHHENG

17 février 2025
Il débute en ce début d’année sa thèse dans le cadre de la Chaire en partenariat avec la FNTP, mécène de la Fondation INSA ; cette chaire de recherche porte sur le thème « Transition Environnementale dans le secteur des Travaux Publics : vers des chantiers décarbonés et des infrastructures durables ».

Brossour CHHENG a 26 ans, il est diplômé ingénieur de l’INSA Toulouse en double diplôme avec l’Institut de Technologie du Cambodge.

Originaire de Phnom Penh, Brossour a eu l’opportunité de venir étudier en France à l’INSA Toulouse grâce à un échange dans le cadre du programme Erasmus+.

Brossour souhaite avec cette recherche, trouver des solutions alternatives, pour prolonger et conserver les structures vieillissantes existantes afin de limiter l’émission de CO2 et économiser de l’énergie, des ressources et des coûts liés à la destruction et construction de nouvelles structures. Un des leviers pour cela est le contrôle et la mesure des détériorations provoquées par la circulation de l’eau dans le béton -élément constitutif de ces ouvrages- en utilisant des matériaux imperméabilisants et aussi développer un modèle pour prévoir et évaluer les performances à l’échelle du matériau et de la structure

Peux-tu nous préciser ce qui t’as intéressé dans cette chaire en partenariat avec la FNTP ?

Au Cambodge, je me suis intéressé plus au calcul des structures, et donc je souhaitais poursuivre et développer mes compétences en travaux de recherche plus avant dans ce domaine ; Cette thèse me donne une excellente opportunité de travailler  de façon détaillée dans le domaine des matériaux en complément. Ces deux domaines – structure et matériaux,  sous-tendent le sujet de ma thèse et le tout avec une préoccupation liée à l’environnement. Comment trouver des solutions pour préserver des structures qu’elles soient plus résiliants et durables ? Il s’agit en fait de contrôler la détérioration liée à transfert de l’eau dans le béton et traiter les nombreux problèmes liés à l’usage du béton 

Comment as-tu eu connaissance des opportunités de thèse proposées par cette chaire en partenariat avec la FNTP ?

Un de mes professeurs m’en a parlé et je l’ai  contacté pour déposer un dossier. J’ai trouvé motivante la question de la transition écologique, de l’environnement dans le secteur des travaux publics. Les questions de décarbonation dans la conception des infrastructures sont également intéressantes.

Peux-tu nous en dire plus sur le sujet de ta thèse ?

Mon sujet s’intitule « Contrôle des transferts hydriques dans les bétons pour l’accroissement de la durée de vie des ouvrages ; de l’échelle du matériau au bénéfice structural ». Les évolutions climatiques, la prolongation de la durée de vie des infrastructures augmentent le besoin pour les gestionnaires de ces ouvrages d’art de disposer d’outils de prédiction fiables sur l’évolution de la performance de ces parcs. Dans le cadre des ouvrages en béton, qui constituent plus de 90% du parc d’ouvrages existant en France, Il est donc primordial d’être en mesure de prévoir, et si possible de contrôler la teneur en eau à l’origine de ces pathologies.

Quelles sont tes motivations pour étudier ces sujets en profondeur ?

Le développement et la construction sont essentiels, mais construire de nouvelles infrastructures demande d’importantes ressources et impacte l’environnement. En tant qu’ingénieurs, mieux comprendre les pathologies des structures existantes est crucial. Prolonger leur durée de vie par un entretien efficace, des solutions d’imperméabilité et la réhabilitation permet de préserver les ressources, de limiter les déchets et de réduire l’empreinte carbone, contribuant ainsi à une construction plus durable et résiliente.

L’impact que pourront avoir les résultats de mon travail dans la conception et l’entretien des ouvrages d’art. La FNTP et Vinci, partenaire du projet, offrent un support technique et financier qui permettra de mener  les campagnes d’expérimentations et les techniques d’application selon les expériences antérieures.

Comment se déroule ta thèse ?

Je débute à l’INSA Toulouse au laboratoire LMDC (Laboratoire Matériaux et Durabilité des Constuctions) pour toute la partie matériaux (pour travailler sur la modélisation et l’expérimentation des transferts hydriques à l’échelle du matériau), puis j’irai 18 mois à l’INSA Lyon pour être plus centré sur les questions de structure. Ainsi au sein du laboratoire GEOMAS, je pourrai réaliser des essais à l’échelle de l’élément structural, via la plateforme expérimentale Eiffel d’essais mécaniques. 

À LMDC, l’ambiance de travail a toujours été agréable et chaleureuse. J’ai réalisé mon stage de 6 mois ici pendant mon Master, ce qui m’a permis de connaître la plupart des techniciens, doctorants et professeurs. Ainsi, Je suis impatient de débuter un échange au laboratoire GEOMAS à Lyon, après 18 mois passés à Toulouse.

Après cette thèse, comment vois-tu la suite de ton parcours ?

Je souhaite poursuivre des recherches dans le secteur privé ou public pour développer mon expertise en France, pourquoi pas au sein d’une université en France. Ensuite, ça dépend des opportunités, je souhaite travailler à l’étranger pendant quelque année ou revenir au Cambodge.

Ces actualités pourraient
vous intéresser

"A l'INSA on peut allier sport et grandes études."
"Il faut travailler efficacement pour concilier le sport et les études, c’est un rythme assez élevé mais c’est possible d’être performant en parallèle d’études qui sont exigeantes."
"Examen et compétitions nécessitent préparation, concentration, persévérance et il faut être efficace le jour J ."

Recherchez une page ou un article